La retraite, une transition inévitable mais vivable !

Hanaa Khachaba Vendredi 29 Mars 2019-20:44:39 Chronique et Analyse
La retraite, une transition inévitable mais vivable
La retraite, une transition inévitable mais vivable

Appréhendée ou attendue, la retraite est un moment délicat de la vie à anticiper, pour éviter solitude, ennui, voire dépression. Si en France par exemple, l’espérance de vie moyenne avoisinait, en 1945, 60 ans pour les hommes, 65 pour les femmes, laissant entrevoir une courte retraite; les seniors d’aujourd’hui, en France toujours, arrivent plutôt en forme, à l’aube de ce que l’on appelle « l’après-midi de la vie », une expression qui a un équivalent en Egypte, celle de « l’automne de l’âge ». Mais ce n’est cependant pas le cas dans la société égyptienne. Les seniors –hommes ou femmes- en Egypte ne sont pas aussi en forme que ceux des pays européens. Et pour cause évidente, l’état de santé fragile de la majorité des personnes âgées, surtout les habitants des grandes villes où la pollution et le stress sont pointés du doigt. Malgré cela, il est important de savoir comment traverser cette période charnière sans trop de soucis.

Dans une société où le travail confère un rôle et un statut social, cette délicate transition nécessite de trouver une nouvelle identité de soi. Le passage à la retraite peut entraîner une rupture sociale extrêmement forte, puisque la moitié de nos liens sociaux sont liés au milieu professionnel. Donc l’anticiper contribue à mieux l’accepter tout en se préparant de bien vivre son âge.

Quand la vie n’est plus structurée ni rythmée par le travail, le risque est de perdre tout repère. Un mode angoissant peut s’ouvrir. Le premier écueil à éviter s’avère donc l’ennui avec la peur du vide. A 60 ans, c’est le moment idéal de cultiver un hobby, une passion. S’adonner à un loisir fait toute la différence. Les choix sont multiples, chacun/ chacune selon son état de santé tout d’abord. Apprendre une langue, se mettre à la peinture, faire du bricolage, partir vivre à la campagne  ou au en bord de mer (cette idée peut pourtant paraître absurde pour une personne qui a toujours été urbaine), sont autant de projets de vie structurants, qui densifient la vie. L’essentiel est de meubler son temps pour éviter de basculer dans l’oisiveté ou la dépression.

Quand les pressions familiales sont moins fortes et que les exigences professionnelles diminuent, c’est là que commence une véritable prise de conscience de ses anciens rêves mis entre parenthèses durant sa jeunesse. Aimer est le meilleur antirides qui existe. Dans son couple, il faut chercher à y remettre de l’amour au goût du jour. C’est le moment de  redémarrer plein d’activités qui avaient été mises en sommeil pendant le temps où l’essentiel était de prendre soin de ses enfants. 

Pour garantir un passage en douceur, trois vertus sont, selon de nombreux psychologues, prouvées comme positives pour bien vieillir et s’adapter à cet automne de l’âge : la curiosité intellectuelle, l’exercice physique (du moins la marche), la convivialité. Il faut apprécier la relation avec l’autre et tisser un réseau de lien en dehors du lieu de travail.

A 60 ans, en partant à la retraite, les seniors se demandent : quelle serait mon utilité ?  Comme dit, il va falloir trouver une autre chose, une activité séduisante, un autre sens à sa vie. A la question « Et maintenant vous faites quoi », il faut avoir une réponse préparée suffisamment à l’avance.

A ses 60 ans, on n’est plus à la fin de sa vie. Sachant que l’espérance de vie peut dans quelques années frôler les 100, donc à 60 ans, on a encore 40 ans à vivre, ce qui n’est pas du tout court ! Comment faire pour bien passer ce cap des 60 ans, les réponses varient d’une personne à l’autre mais à condition que les trois vertus précédemment mentionnées soient prises en compte.

On n’a plus rien quelque part à se prouver comme on peut l’avoir dans une certaine jeunesse. On se retrouve avec une certaine liberté qu’il va falloir exploiter, et ce serait intéressant de l’exploiter. Sur le plan professionnel, on a déjà fait une bonne partie. Les enfants aussi, à cet âge, ils s’en vont.  Conséquence, plus de temps libre à se découvrir, à passer à l’introspection, à voyager pour découvrir le monde.

Il faut s’occuper beaucoup du mental, il y a quelques clés. La première des clés ce sont les projets. Car se projeter dans l’avenir, donne un sens à l’instant actuel. En m’occupant des autres, c’est un cadeau que je reçois en retour.

Il ne faut pas courir après une jeunesse qui est partie, il faut apprendre à vivre son âge, avec la forme qu’on a en  se souciant de l’entretenir évidemment. A 60 ans, c’est l’occasion de se rapprocher de ses passions, ce qui vous anime à l’intérieur, ce qui est important pour vous. Les projets, c’est l’énergie de vie. A partir de 60 ans, une vie nouvelle s’ouvre devant vous, une vie où l’on peut réaliser un projet initial, celui qu’on n’a pas réalisé dans sa jeunesse à cause de sa carrière, des enfants, des responsabilités interminables de sa jeunesse.

Est-ce que c’est plus dur d’avoir 60 ans pour une femme que pour un homme ? A vous de nous dire…

Mais, probablement à cause des changements physiques qui surviennent et il n’est sans aucun doute que la majorité des femmes se soucient plus de leurs apparences que la majorité des hommes. En plus le regard de la société sur la femme est plus dur que sur l’homme.

Faites comme Sonia Morsi !

Du haut de ses 63 ans, Sonia Morsi se  promène joyeusement dans les rues de Maadi, à vélo ! La gynécologue à la retraite affirme « La vie est encore devant vous après la retraite. Partir à la retraite ne signifie se renfermer sur soi à la maison ! ».

Habitante du quartier riche de Maadi, la grand-mère encourage les seniors à prendre soin de leur santé à partir de 40 ans, pour pouvoir continuer de jouir pleinement de sa vie après. « Je  m’adonne aux activités physiques : du tennis de table, de la natation, du cyclisme et aussi du footing mais dernièrement mon médecin me l’a déconseillé », dit-elle.

Elle rêve de s’acquérir une moto afin d’être capable d’effectuer de plus longs trajets. « J’ai envie de visiter plein d’endroits loin de chez moi. A vélo, c’est un peu dur pour moi de faire plus de 20 kilomètres par jour. Je souhaite donc m’acheter une moto », lance la grand-mère qui, à ses 63 ans, a réussi à garder son esprit jeune et plein de vivacité. Sonia Morsi donne un bel exemple aux personnes âgées. La vie s’ouvre à l’automne de l’âge, profitez-en !

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